Le contentement
Un cœur content est un festin perpétuel.
Proverbe 15 : 15

QU'EST-CE QUE LE CONTENTEMENT ?

Décrivons la nature du contentement chrétien. C'est une douce disposition de l'esprit qui permet au chrétien de se comporter de manière équilibrée dans toutes sortes de conditions.
La nature de ce contentement se comprend mieux si nous la regardons sous trois titres.

1 - Le contentement est une chose divine. On ne le possède pas par quelque acquisition résultant de l'exercice de l'homme, mais plutôt par une infusion opérée dans son être par Dieu. C'est un éclat détaché de l'arbre de la vie et planté dans l'âme par l'Esprit Divin. Ce fruit ne pousse pas dans le jardin de la philosophie mais il est de naissance divine.
Nous pouvons donc observer que le contentement s'associe avec la piété, et marche de pair avec elle : «c'est en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement» 1 Timothée 6 :6. Il est une conséquence ou une disposition concomitante de la piété, ou même les deux à la fois.


Je l'appelle «divin» pour faire la distinction avec cette sorte de contentement auquel un homme  moral peut parvenir avec ses propres efforts. Les païens semblent capables de parvenir à ce genre de satisfaction, mais il ne s'agit que d'une pâle ombre et image de ce dont nous parlons, et non le diamant authentique.
Ce que ces gens connaissent appartient au monde. Pour notre part, nous parlons d'un esprit sacré, qui vient de Dieu. Leur contentement découle seulement des principes  de la raison et n'est allumé qu'à la torche de la nature. Le nôtre provient d'une relation vivante avec Dieu, et nous le dérivons de la lampe de l'Ecriture.

La raison de l'homme arrive à se satisfaire parfois en réfléchissant de la façon suivante:«Quelle que soit ma condition, c'est le lot pour lequel je suis né. Si je rencontre des épreuves, ce n'est que la misère commune à tous les hommes. Chacun en reçoit sa part, pourquoi m'en troublerais-je ?». Voila comment pense la raison, et elle le fait souvent sous la contrainte de la nécessité.
Mais, seule une relation vivante avec Dieu amène dans le trésor de l'âme une vie assurée et joyeuse devant Dieu dans toutes les situations que procure ce monde.


2 - Le contentement est une chose intrinsèque. Il ne repose pas sous l'écorce de l'arbre, mais dans sa racine, au fond du cœur de l'homme. Il trouve à la fois sa source et son cours à l'intérieur de l'âme . Le rayon de soleil ne dérive pas sa lumière de l'air qu'il traverse. De même les rayons de la consolation dont jouit l'homme content ne proviennent pas des consolations extérieures, mais du dedans de son être.

Le chagrin a son siège dans l'esprit, «le cœur connaît ses propres chagrins» Proverbe 14 :10. Pareillement le contentement repose dans l'âme et ne dépend pas des circonstances extérieures. De cela je déduis que les problèmes extérieurs ne peuvent pas éteindre cette sainte disposition.

Menu

C'est une chose spirituelle qui grandit dans une terre spirituelle : la réception de l'amour de Dieu. Lorsque la tempête fait rage au dehors, la musique continue à résonner à l'intérieur.

La guêpe pique la peau mais ne peut toucher le cœur. Les afflictions extérieurs ne peuvent non plus toucher le cœur, où réside le contentement. Si les voleurs nous dépouille de notre argent et de nos biens, ils ne peuvent toucher cette perle à moins que nous ne décidions nous-mêmes de nous en séparer. Elle est enfermée dans le coffre-fort du cœur.
L'âme qui possède une mesure de ce précieux joyau du contentement ressemble à l'arche de Noé. Elle navigue au sein même du déluge et atteint l'autre rive.

3 - Le contentement est une habitude. Il n'apparaît pas seulement ici et là, par moment, comme certaines de nos comètes que l'on ne voit qu'une fois de temps en temps. Au contraire, le contentement est une humeur stable du cœur. Il brille avec constance au firmament de l'âme.
Une action unique ne caractérise pas son auteur . Par exemple, on appelle pas «généreux» celui qui fait l'aumône une seule fois dans sa vie. Même l'avare peut se hisser jusqu'à cette prouesse. On qualifie au contraire d'un caractère généreux, c'est-à-dire, qui exerce l'hospitalité, celui qui désire en toutes occasions alléger les besoins du pauvre. Pareillement on dit de l'homme qui à l'habitude d'exercer le contentement dans sa vie , qu'il est un homme content. Son contentement ne lui est pas occasionnel mais constant et habituel.

Dans sa rhétorique, Aristote faisait la distinction entre les couleurs qui affectent le visage. Certaines viennent des humeurs, et d'autres du teint. Le visage au teint pâle peut lui-même tourner au cramoisi lorsqu'il rougit. Mais ce n'est que passager, le temps d'une humeur.. En revanche, le visage rougeaud et sanguin l'est continuellement, car c'est là son aspect et son teint.

De même, on ne peut pas dire d'un homme qu'il possède le contentement , s'il n'est content qu'à l'occasion où dans les moments heureux. Non, il lui faut l'être continuellement. C'est une habitude pour lui, et le teint de son âme. … Dieu nous l'enjoint comme un devoir: contentez-vous de ce que vous avez. Hébreux 13:5. Le Dieu qui nous ordonne de croire nous commande aussi d'être contents. Un refus d'obéir nous expose à un handicap spirituel.

La parole de Dieu renferme une garantie suffisante et pleine d'autorité. Elle doit être un argument sans appel, un remède sacré contre le mécontentement… La Parole de Dieu doit être l'étoile qui guide et la volonté divine représente le poids qui entraîne notre obéissance.
Notre cœur ne doit pas s'agiter plus que la mer en furie qu'une seule parole des lèvres divines suffit à calmer...
Ces réflexions sur la nécessité du contentement pour mener une vie chrétienne mûre montrent comment le chrétien  peut en arriver à vivre une vie plus libre et moins étriquée, une sorte de ciel sur la terre, en dépit de toutes les circonstances qu'il traverse.

Le contentement réside à l'intérieur de l'homme, dans son cœur. La voie du bien-être ne repose donc pas dans des greniers pleins mais dans un esprit en repos. L'homme contenté dit Sénèque, est un homme heureux.
Le mécontentement est une disposition tourmentée, qui assèche le cerveau, détruit l'esprit, ronge et attaque le bien être de la vie. Il empêche l'homme de se réjouir de ce qu'il possède. Une seule goutte de vinaigre rend infect le verre de vin tout entier. Quand un homme jouit de l'affluence et de la multiplication de ses biens en ce monde , il lui suffit une goutte de mécontentement pour lui en rendre la totalité pleine d'amertume  et de désagrément…

Voulons-nous connaître le bien être dans la vie ? Nous pouvons le posséder si nous le voulons. Le chrétien peut se façonner la condition de son choix. Pourquoi te plains-tu de tes ennuis ? ce ne sont pas les troubles qui te troublent, mais le mécontentement. Ce n'est pas l'eau autour du navire qui le fait sombrer, mais celle qui s'y introduit par la voie d'eau. Ce n'est pas non plus l'affliction extérieure qui attriste la vie du chrétien, car un esprit contenté vogue au dessus de telles eaux. Mais si la voie du mécontentement s'ouvre, et si ce dernier s'infiltre dans le cœur, alors les tourments s'installent et font sombrer le tout. Imitez donc les anciens marins, et pompez l'eau de ce mécontentement pour le rejeter au-dehors. Vous arrêterez ainsi l'hémorragie spirituelle de votre âme, et plus aucun trouble ne pourra vous blesser.  T. Watson

CELUI QUI BOIRA DE L'EAU QUE JE LUI DONNERAI, N'AURA JAMAIS SOIF.
Jean 4:14

Celui qui croit en Jésus trouve en lui la plénitude dès maintenant et pour toujours. Il a en Christ une source de joie, une fontaine de consolation, où il puise le contentement et le bonheur. Mettez-le dans une prison, il y trouvera une compagnie; menez-le dans un désert aride, il y mangera le pain céleste; éloignez-le de toutes ses relations, il rencontrera l'Ami qui est plus attaché qu'un frère. Que son abri lui manque soudain, il se réfugie derrière le Rocher des siècles; que ses espérances terrestres s'écroulent, il demeurera ferme, bien appuyé sur le Seigneur.

Tant que Jésus n'y est pas entré, le coeur est aussi insatiable que la tombe; mais alors il devient une coupe débordante, car la plénitude qui est en Christ le remplit. Le vrai croyant est si complètement satisfait en Jésus, qu'il ne désire rien de plus, sinon de boire toujours plus avidement à cette fontaine de vie. C'est cette douce soif que tu ressentiras désormais, cher enfant de Dieu, soif dénuée de souffrance, qui n'est que le désir de pénétrer plus profondément dans l'amour de ton Sauveur. La connais-tu? Trouves-tu en Jésus la réponse à tous tes besoins, tellement que tu n'en aies plus d'autre que de le connaître mieux et de vivre dans une intimité plus complète avec lui? Viens à cette source, et puises-y gratuitement l'eau de la vie. Jésus ne trouvera jamais que tu en prennes trop. Bien-aimé, bois-en abondamment. Ch. Spurgeon
PAGE PRECEDENTE